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Les Vaccines sont de retour dans leur QG parisien de La Flèche d'Or, quatre ans après leurs débuts français dans ce même endroit. Alors qu'ils auraient pu remplir une salle plus spacieuse, ils ont choisi l'antre de la rue de Bagnolet pour leur escale française en avance de la parution de leur troisième album. Ca va s'appeler English Graffiti et c'est prévu pour Mai. Le concert affiche bien évidemment complet.

La salle est plutôt calme après la première partie des islandais de Fufanu - "Uuh I think that was our last song ?! Oh no we got two minutes left ! We should play another song..." - véridique. Lorsque les lumières s'éteignent, il y a encore des inconscients vêtus de manteaux d'hiver à quelques mètres de la scène. Pourtant il fait déjà chaud. Jeans noirs, chemises noires, les 4 angliches avancent sur la scène exiguë comme en terrain conquis. Sans round d'observation, ils dégainent Teenage Icon et le public part au quart de tour. Sur la gauche, Freddie Cowan a ramené sa gueule d'ange et son sourire revolver pour nous faire passer une bonne soirée. Au centre, Justin est toujours inaudible dès qu'on aborde les refrains, mais il met sa main en visière comme si on était en festival alors on lui pardonne. A droite, Arni est dans son monde et assure à la basse, avec parfois un air hébété entre deux headbangs. Laissant pendre ses longs cheveux blonds, l'ombre d'un doute dans le regard il scrute un point fixe au-dessus du bar, comme s'il avait laissé le van garé en double file. Derrière à la batterie il y a Pete, enfin, je crois. Il est complètement dans le noir, masqué par Freddie et Justin, et je ne le verrai pas du concert. En retrait on note la présence d'un petit jeune qui s'occupe d'être troisième guitare-clavier-maracas.

Devant eux, c'est gentiment l'anarchie. Des nénettes de seize ans agrippées à leur smartphone s'étonnent de recevoir dans le dos des types qui dépassent le mètre quatre-vingts. Au bout de trois chansons, une masse joyeuse saute avec ardeur, comme pour essayer de reprendre sa respiration au-dessus de la surface humide. Les sueurs se mélangent au rythme des hits des deux premiers albums. Quand Justin annonce un "sing along" sur Post Break-Up Sex, il ne peut s'empêcher de remarquer à voix haute que l'assistance braille chaque mot de son répertoire depuis le début du concert. Le morceau est à peine fini qu'Arni lance la ligne de basse d'All in White, celle qui me fout toujours des frissons. Ces gens ne respectent rien.

Les Vaccines sont aussi là pour promouvoir leur prochain album. Alors ils en jouent plusieurs pièces, ce qui permet de s'arrêter un moment pour remarquer qu'il n'y a pas, en fait, de machines à fumées dans la salle ; toute cette vapeur vient des bouffées transpirantes que les corps exhalent. La Flèche d'Or est une étuve. L'air est plus dense que l'intro de Dream Lover, clairement piquée à Do I Wanna Know des Arctic Monkeys. En tous cas, Justin en est fier de ce morceau. "What a song", qu'il nous dit. Blague à part, les nouveaux morceaux semblent plus construits musicalement mais toujours un peu justes côté paroles. Want You So Bad consiste à répéter "Want you so bad" pendant 3 minutes. Le premier single, Handsome, a au moins le mérite d'être efficace. On attendra la sortie officielle pour se prononcer.

Les chansons défilent, forcément, les meilleurs morceaux des Vaccines s'étirant rarement au-delà des trois minutes. Je me re-demande si Arni n'a pas réellement garé le van en double file, en fin de compte, vu la manière dont il se penche à l'oreille de Justin Young à la fin de Blow It Up pour attaquer la suite illico. Les crowdsurfeurs en goguettes se relaient plus vite que des gamins en haut d'un toboggan à Aqualand. La lumière bleue sur I Always Knew a failli nous assagir, mais on revient aux fondamentaux avec If You Wanna Come-back-it's-alright-it's-alright. Tout le monde est à bout de souffle lorsqu'ils sortent de scène, à tel point que les vivats de pré-rappel semblent presque forcés. On vérifie que chacun de ses amis est toujours debout et ne souffre pas de déshydratation. Allez, revenez les mecs.

En ouverture de rappel et bien mis en valeur, les Vaccines nous servent 20/20, qu'ils ont inauguré chez Zane Lowe au début du mois. C'est bien évidemment accrocheur : tempo soutenu et voix plus claire, on pense à du Vampire Weekend agrémenté de déchirures saturées. Ensuite, c'est un peu la jouissance précoce : il manque Nørgaard, alors ils jouent Nørgaard. Freddie lance un convaincant "It's been so fucking special, thank you so much", offre une maracas en pâture au public, et tout le monde évacue la salle pour essorer son t-shirt et respirer quelques bouffées d'air frais.

Rendez-vous aux Solidays.

Setlist :

Teenage Icon
Wreckin' Bar (Ra Ra Ra)
Ghost Town
Dream Lover
Wetsuit
Want You So Bad
Bad Mood
Post Break-Up Sex
All in White
Melody Calling
Handsome
Blow It Up
I Always Knew
If You Wanna


Rappel :
20/20
Nørgaard



José González entre sur scène sous les applaudissements d'une salle bienveillante et enthousiaste. Il est accompagné de 4 musiciens. Souriant, il salue la salle d'un signe de la main. De loin on croirait voir l'acteur Oscar Isaac dans Inside Llewyn Davis, avec sa barbe et ses cheveux bruns épais et bouclés. Les spots vifs projettent une lumière chaude qui l'enveloppe et inonde les contours de sa silhouette. Derrière lui, la tenture écarlate du Cabaret Sauvage prend une couleur pourpre tandis qu'il entame sereinement Afterglow.

La salle, ou plutôt le chapiteau, a comme rétréci. Les premières chansons installent une atmosphère intime, on entend des chuchotements et dans la foule de surprenants bruissements appellent au silence. Après 3 morceaux, l'intro de Killing for Love est bruyamment saluée par le public et annonce un passage plus enlevé. Tout au long du concert le son est chaud et réconfortant, raffiné, excellent. Chaque pincement de corde est clair et il faut saluer la qualité des musiciens qui offrent un chœur aux voix douces et harmonieuses.

Vers le milieu du spectacle, ceux-ci s'éclipsent pour laisser l'artiste argentino-suédois interpréter 3 titres en solo. Le très attendu Heartbeats vient plonger la salle dans une félicité soyeuse, soudain interrompue par le "Shut up !" trop sonore lancé par un spectateur à l'adresse d'un autre. Sans cesser de jouer, José mime la surprise, sourit, propose doucement un "No, you shut up !" espiègle. Tout le monde rit et il reprend : "One night of magic rush..."

Le claviériste à casquette rouge a son moment lorsque José González le laisse interpréter une de ses compositions, par ailleurs de très bonne facture. De sa voix timide, José annonce With the Ink of a Ghost, un des sommets du dernier album exécuté à la perfection. Applaudissements nourris. On se rapproche du rappel, et la salle s'amuse à lancer des requêtes, depuis des chansons de Junip à celle de la B.O. de Walter Mitty. Il n'y a aucun consensus, preuve de la largeur du répertoire de González. Classe, il embarque tout le monde dans une reprise de Teardrop de Massive Attack, joue tranquillement Always de Junip puis entame Down the Line pour conclure son set.

Vient le rappel, qui commence avec les notes mesurées du sincère Every Age, vibrant premier single de Vestiges & Claws. Il poursuit avec le radieux Leaf Off / The Cave et invite la salle à l'accompagner dans cet hymne tandis qu'il se met en retrait pour laisser de l'espace à l'ivresse d'une partie de la fosse qui répète avec lui "Let the light lead you out". Le concert pourrait s'arrêter là et l'on repartirait heureux, mais González rappelle sur scène les islandais Olöf Arnalds et Skúli Sverrisson qui avaient assuré la première partie. Ensemble ils couronnent le concert d'une reprise de I'll Be Your Mirror du Velvet Underground.

Note : je profite de ce billet pour remercier les équipes de Super! qui répondent à leurs e-mails, ça fait très plaisir, le personnel particulièrement sympa du Cabaret Sauvage, salle qui se mérite, et faire un clin d’œil au génie qui, lorsque les lumières se rallument en fin de concert, a choisi de passer "Go Outside" des Cults. Très bon.

Setlist :

Afterglow
Stories We Build, Stories We Tell
Let It Carry You
Killing for Love
In Our Nature
What Will

---
En solo :
Crosses
Hints
Heartbreak
(reprise de The Knife)
----
Stay in the Shade
With the Ink of a Ghost
Home
(de Barbarossa, qui fait partie des musiciens présents)
This is How We Walk on the Moon (reprise d'Arthur Russel)
Teardrop (reprise de Massive Attack)
Always
Down the Line

Rappel :
Every Age
Leaf Off / The Cave
I'll Be Your Mirror
(reprise du Velvet Underground)